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romain, art

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Art de la Rome antiqueArt de la Rome antique
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1

Présentation

romain, art, art de l’Antiquité romaine qui s’étendait, à son apogée, des îles Britanniques à la mer Caspienne.

Le début de l’art romain peut être lié à la fondation de Rome, en 753 av. J.-C. selon les Anciens, mais certains préfèrent le situer en 510 av. J.-C., année qui marque le terme de la domination étrusque et l’avènement de la République. La fin de l’art romain est préparée par la division de l’empire en deux États indépendants à la mort de Théodose Ier (395 apr. J.-C.), mais elle est effective avec la disparition de l’empire d’Occident en 476, l’empire d’Orient ayant donné naissance à l’Empire byzantin. Dans les derniers temps troublés de l’empire, Rome garde son éclat, mais cesse d’être le siège exclusif du pouvoir. Milan, Trèves, Aquilée, Thessalonique, Antioche prennent de l’importance à la fin du ive siècle. Constantinople, nouvelle Rome inaugurée par Constantin en 330, devient la capitale de l’Empire, et Ravenne accueille la cour d’Occident en 402. Mais l’art romain ne s’est pas éteint ; il a survécu dans l’art byzantin et dans l’art chrétien occidental ; en outre, il a constitué, pour la Renaissance et pour l’époque baroque, une source féconde d’inspiration.

On reconnaît traditionnellement deux grandes périodes dans l’art romain : l’art républicain puis, après l’avènement d’Auguste en 27 av. J.-C., l’art impérial. Cette seconde période s’articule en plusieurs phases qui correspondent aux grandes dynasties d’empereurs — Julio-Claudiens, Flaviens, Antonins, Sévères —, puis à des régimes particuliers — les empereurs militaires, la tétrarchie —, que prolonge le Bas-Empire (324-467). Le cadre de l’art romain est d’abord celui de la cité de Rome, qui participe de la culture commune aux cités d’Italie, avec des composantes héritées des civilisations indigènes, d’autres des civilisations étrusques et d’autres encore empruntées aux colonies grecques établies depuis le viiie siècle av. J.-C. sur les rivages méridionaux de la péninsule. La conquête des royaumes hellénistiques a renforcé la familiarité des Romains avec l’art grec et leurs contacts avec d’autres traditions artistiques et, par la suite, a introduit une extrême diversité dans ses productions. Elle découle aussi de la « démocratisation » de l’art ; il est vrai qu’il est fortement lié à l’institution impériale, mais il concerne toutes les catégories sociales, du patricien de Rome au soldat de Rhénanie, en passant par le milliardaire athénien et tel affranchi. Malgré cette richesse, nous connaissons peu d’artistes.

2

Architecture

Notre connaissance de l’architecture romaine se fonde sur les vestiges conservés, très abondants, et sur d’autres sources, notamment le traité d’architecture en dix livres, De architectura, rédigé par Vitruve et dédié à Auguste.

2.1

Utilisation des ordres architecturaux

Les Romains conservent l’ordre dorique et l’ordre ionique grecs ; ils développent un ordre corinthien, qui devient prépondérant, en associant au chapiteau une corniche particulière, alors qu’en Grèce le chapiteau corinthien s’intègre dans l’ordre ionique ; ils inventent aussi un chapiteau composite, à feuilles d’acanthe corinthiennes et à volutes ioniques. Ils mélangent les ordres, dont les éléments sont souvent utilisés dans la décoration architecturale, comme sur les façades de scènes ou au Colisée, à Rome (70-80 apr. J.-C.). Les colonnades entourent les temples, bordent les portiques et aussi certaines grandes rues. Elles participent de la tendance classique et de la tendance baroque qui traversent l’architecture romaine.

2.2

Matériaux et méthodes de construction

À partir de l’époque républicaine, la pierre taillée est abondamment employée dans les constructions, avec d’autres matériaux : bois pour les charpentes et les huisseries, terre cuite pour les tuiles et des plaques de revêtement, etc. À l’époque impériale, les carrières (propriétés de l’empereur) se multiplient, et les pierres les plus prisées s’exportent à travers tout l’empire. À Rome, le tuf d’Italie centrale côtoie le marbre blanc de Grèce, d’Asie Mineure et de Luna (actuelle Luni, près de Carrare, Italie). Des marbres colorés, utilisés comme placages, donnent un aspect luxueux aux bâtiments.

La forme et l’assemblage des pierres déterminent différents appareils. D’aspect monumental, le grand appareil met en œuvre des blocs d’une certaine taille ; il s’agit habituellement de l’opus quadratum, connu des Grecs et des Étrusques, où les blocs parallélépipédiques se disposent en files, ou en assises, de hauteur constante. Ils sont liés entre eux par des pièces métalliques — les scellements —, quelquefois par du mortier, et leurs faces présentent éventuellement des reliefs ; des bossages rustiques, en vogue à l’époque de l’empereur Claude Ier (42-54) apparaissent sur la Porte majeure (Porta Praenestina), à Rome. Cet appareil constitue toute l’épaisseur de la construction ou seulement ses faces visibles, si celle-ci est en « béton ».

L’opus caementicium, maçonnerie concrète qui a l’aspect du béton, constitue incontestablement un apport capital des Romains à l’évolution de l’architecture. Il s’obtient en mêlant des moellons de toutes sortes à un mortier de qualité. Ce mortier, utilisé par ailleurs pour réaliser les joints entre les blocs ou les briques, ou pour enduire des surfaces, résulte d’un mélange de chaux et de différents produits — appelés agrégats, principalement du sable (de sablière, de rivière ou volcanique, « la pouzzolane ») et de l’eau —, dans des proportions variables. Le béton pouvait être mis en forme dans des coffrages et utilisé seul (opus incertum), ou former le remplissage des murs et des voûtes.

Les arcs et les voûtes construits en pierre existent depuis la seconde moitié du ier siècle av. J.-C., mais la voûte connaît, surtout à partir du iie siècle apr. J.-C., un développement remarquable grâce, précisément, à l’emploi du béton qui en rend la fabrication beaucoup plus facile. La voûte concrète donne véritablement aux Romains les moyens de leurs réalisations les plus prodigieuses. Elle permet de couvrir les grandes salles sans les supports intérieurs qui auraient été nécessaires dans une architecture par empilage, comme l’architecture grecque ; elle favorise ainsi le gigantisme des thermes, l’édification des basiliques. Les coupoles s’y rattachent ; certaines tiennent du prodige technique. Les arcades et les voûtes fournissent, en outre, des structures portantes ; elles interviennent dans l’aménagement de terrasses monumentales, comme au sanctuaire de la Fortuna Primigenia à Préneste (aujourd’hui Palestrina, sud-est de Rome ; fin du iie siècle av. J.-C.), et dans les théâtres et les amphithéâtres, où les voûtes servent aussi de couloirs de circulation.

Outre l’opus quadratum, d’autres appareils sont utilisés conjointement avec le béton ; certains combinent différents matériaux, disposent les éléments selon plusieurs directions, etc. La brique constitue alors le complément idéal du « béton », dont elle accompagne l’expansion ; les immeubles d’habitation, les thermes et les entrepôts d’Ostie en conservent le témoignage. On tire de la brique des effets décoratifs, mais les décors plus riches ne manquent pas ; un exemple a été cité et d’autres seront évoqués ci-dessous.

2.3

Les types d’édifices

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